Un souci au niveau du balisage lui aura coûté le podium, sur un 170 km disputé dans des conditions dantesques.

La performance de Florentin Gooris sur la SwissPeaks 170 est à la hauteur de sa frustration. Le Tharé aurait signé des deux mains et dix orteils pour finir 6e dans le Valais suisse, au terme de 170 km et 37 heures de course, avec tout au long de son aventure de 10 500 m de dénivelé positif.

Mais alors qu’il pointait 3e et que l’arrivée pointait le bout du nez, il s’est égaré. "On était au 147e km, un ravitaillement qui aurait dû se trouver là avait été déplacé", explique Florentin Gooris. "La trace GPX avait été modifiée, mais pas les informations sur le parcours à cet endroit. J’ai emprunté un mauvais chemin avec un participant aux 360 km."

Le temps de retomber sur ses pas, et le podium s’était envolé. Sa prestation n’en demeure pas moins énorme. Et si sa mésaventure tourne toujours en boucle dans la tête, il ne garde pas moins de magnifiques souvenirs d’une SwissPeaks épique dans tous les sens du terme. "Les organisateurs ont créé un parcours de trail parfaitement authentique, avec des ravitaillements dans des chalets ou refuges, sous la forme de raclette, gros bol de soupe, ou encore purée et haricots, à la petite bougie", insiste le résident de Rettigny (Gouvy). "Ce n’est pas comme l’UTMB où l’on passe uniquement sur des sentiers de grande randonnée. Même si malheureusement, on a eu tout sauf du soleil, sur un parcours déjà très difficile : de la neige dès le départ, du brouillard, de la pluie, Je suis très fort dans les descentes. Un Allemand m’a même appelé le roi de la descente. Mais dans certaines de celles-ci, je n’étais qu’à 1 ou 2 km/h, au lieu de 8 km/h."

Florentin Gooris se félicitait évidemment aussi de son état de forme. "Je me suis fortement investi dans ma préparation ; j’ai encore franchi un niveau supplémentaire à celui que j’avais en montagne."

Rappelons qu’il y a un an, il s’était classé 5e de l’Ultra Tour Monte Rosa, qui avait aussi lieu ce week-end, et a été arrêté en raison des conditions climatiques.

"Je ne suis pas abattu, au contraire, je vais profiter un peu de la famille, puis continuer à travailler, pour à nouveau tâcher de performer en 2020, même si je ne sais pas encore où."