Un coureur chinois victorieux sur le Tour de France à l'horizon 2025, un nouveau modèle de sponsoring et un "cyclisme plus fort". Le projet GCP déborde d'ambitions.

"J'ai vu de nombreuses équipes World Tour en difficulté avec leur sponsoring et je ne comprenais pas pourquoi tant d'équipes à succès ne trouvaient pas de grandes marques pour les financer" explique Tim Kay au média spécialisé VeloNews.

Fort de son expérience avec des clients chinois, il s'est dit que le moment était opportun de créer une nouvelle équipe attirant des investisseurs venus de l'Est. "Je me suis plongé dans la manière de procéder de l'UCI et comment les équipes géraient leur business model", explique le futur PDG de l'équipe Global Cycling Project (GCP). "Team Sky est dirigée selon un modèle coopératif et fait bien les choses." 

Kay s'est toutefois rendu compte que ce modèle n'était pas d'application partout. C'est pourquoi il a planché sur un projet inédit. "J'ai commencé à penser à comment je pourrai mettre sur pied une équipe World Tour et créer un business model avec retour sur investissement et viable sur le long terme."

C'est alors que ses connexions en Chine entrent en jeu, puisqu'il s'est entouré de Brian Smith (Dimension Data), d'avocats du sport et de Shane Sutton. Ce dernier n'est autre que l'actuel coach de l'équipe nationale chinoise de cyclisme sur piste, et dispose en outre d'une forte expérience puisqu'il a entraîné la Sky entre 2010 et 2012.

Le modèle Sky en mieux

"Nous disposerons d'un budget assez grand pour attirer les meilleurs coureurs au monde" a expliqué" Tim Kay. S'il n'a pas voulu donner de chiffre précis, il a néanmoins donné une indication qui en dit long sur les intentions et les ambitions de GCP. Il prévoit en effet de constituer un budget annuel supérieur à celui de la Sky, qui est de loin le plus important du peloton (39 millions d'euros, contre 18 millions à son plus poursuivant de Quick-Step Floors). "Nous avons un grand projet, avec des investissements sur le long terme, avec de faibles risques mais des récompenses élevées" explique Kay.

Et ces récompenses élevées relèvent simplement de faire de la Chine un pays de pointe dans le monde du cyclisme, sur le modèle de la Grande-Bretagne, avec la volonté de voir un coureur de l'Empire du Milieu triompher sur le Tour de France d'ici 2025.

C'est donc bien un plan à long terme qu'il envisage, puisque les débuts de l'équipe sur le circuit World Tour devraient se faire en 2020.

Et Tim Kay d'espérer des retombées dépassant son projet. "Je suis ici pour remuer le bateau" du vélo. "Je veux faire du cyclisme un milieu positif, en permettant aux équipes World Tour d'obtenir des grands sponsors [car] si j'amène de grandes compagnies, d'autres suivront."

Un plan privé prometteur qui rappelle la volonté étatique d'organiser et gagner la Coupe du monde de football d'ici 2030.