Quel est le point commun entre Martina Hingis, Serena Williams et… Bianca Andreescu ? Toutes trois ont atteint les demi-finales après avoir bénéficié d'une wild card à Indian Wells. Pour le moment, la comparaison s'arrête là. La jeune Canadienne de 19 ans a encore tout un palmarès à se bâtir. Elle n'a disputé que deux levées du Grand Chelem, mais, en 2019, elle appuie sur le champignon. En 5 tournois, elle a disputé une finale à Auckland en battant au 2e tour Caroline Wozniacki, une demi-finale à Acapulco et a remporté un titre à Newport Beach. Elle a donc débarqué en Californie avec 24 matches dans les jambes !

A Indian Wells, elle a changé le destin de sa carrière en 52 minutes, soit le temps nécessaire à infliger un 6-0, 6-1 bien tassé à Garbine Muguruza. Avant ce quart, elle avait battu Begu, Cibulkova, Voegele et Wang. Outre le résultat, c'est la manière qui a ébloui. La Canadienne a tenu le coup mentalement et surtout elle a trouvé des solutions à chaque nouvelle stratégie mise en place par Muguruza. La variation de son jeu apporte un élan de fraîcheur au circuit. La Canadienne joue d'abord avec la balle avant de la massacrer. Cette année, elle reste sur une statistique incroyable de 26 victoires en 29 matches.

Il y a quelques mois, elle n'était que 242e mondiale

Son parcours est d'autant plus remarquable que la jeune Canadienne revient de loin. Il y a un an, elle ne figurait qu'à la 196e place mondiale ce qui n'avait rien de dramatique vu son très jeune âge. En fin de saison, elle effectuait même un plongeon à la 242e place ! Son été avait été miné par des blessures qui ont changé sa philosophie de match. Elle a accepté de jouer plus et de plus modestes tournois ce qui lui a mis du rythme dans les jambes. La confiance a pris le relais. Elle a alors fait des bonds de kangourous à la suite notamment de sa finale à Auckland. Dans la presse canadienne, son entraîneur confiait à ce propos. « Je mentirais si je disais que je savais qu'elle ferait la finale à Auckland, qu'elle battrait Wozniacki, Venus Williams et ainsi de suite. Mais, je savais qu'on était vraiment dans la bonne direction et que c'était une question de temps avant qu'elle arrive dans les tournois de la WTA. Tout est arrivé un peu plus vite que ce que j'anticipais », analysait son entraîneur Sylvain Bruneau et Nathalie Tauziat.

Née le 16 juin 2000 dans l'Ontario, elle a des parents d'origine roumaine. D'ailleurs, cette petite athlète d'1,65 mètre voue une admiration à Simona Halep. Son secret ? Elle utilise le yoga et la méditation pour se renforcer mentalement. « Ma mère m'a initié à la méditation quand j'étais très jeune », a confié à la WTA Andreescu. « J'avais peut-être environ 12 ans. Depuis lors, je médite et je fais beaucoup de yoga. Je ne travaille pas seulement sur mon aspect physique. Je travaille aussi sur le mental, parce que c'est aussi très, très important. Cela montre clairement à travers mes matchs que je reste souvent dans le moment présent. Je n'aime pas me concentrer sur ce qui vient de se passer ou dans le futur. » Elle parle de visualisation créative, un type d'exercice de pleine conscience qui consiste à créer une image mentale visuelle des objectifs que vous souhaitez manifester.

Pas de GSM le matin, mais du yoga

La méditation l'aide à vider son esprit de tout ce qui pourrait l'encombrer durant les matches. « Je me réveille tous les matins et la première chose que je fais est de méditer. Je n'ouvre pas mon téléphone pour ne pas être trop submergé. Je prends 15 minutes chaque matin juste pour être en phase avec mon corps, mon esprit. Je me visualise en train de passer une bonne journée, genre, des choses comme ça. J'ai l'impression que beaucoup de gens travaillent sur la partie physique des choses, mais je pense que la partie mentale est la plus importante, car elle contrôle tout votre corps, n'est-ce pas? » Vu ses résultats, il est délicat de lui donner tort.