Le Guinéen, qui peut rejouer avec le Symphorinois, a frôlé l’expulsion du pays. "Je voulais jouer, même sous la neige".


C’est la fin d’une très longue attente pour Oumar Traore. Le joueur de 19 ans est passé par de nombreux sentiments ces derniers mois, frôlant même l’expulsion du pays après un séjour au centre fermé de Vottem. Aujourd’hui, la situation du jeune Guinéen a bien évolué. Il a trouvé un logement et peut, depuis ce week-end, rejouer en D3 amateurs avec le Symphorinois.

Oumar, vous allez enfin pouvoir refouler les pelouses. Quelle a été votre première réaction quand vous avez appris la nouvelle ?

"Un énorme soulagement. J’étais vraiment impatient et ça a enfin bougé. C’est le président Frédéric Hinnens qui me l’a annoncé. Je lui ai d’ailleurs dit que je n’avais pas dormi la nuit précédente. (rires) Je vais enfin pouvoir rejouer, ça fait des mois que j’attendais ça."

Ça doit être compliqué de s’entraîner sans jouer…

"Ce n’était pas facile. Mais j’ai surmonté cette période grâce à l’encadrement dont je bénéficie à Saint-Symphorien. Mon coach Pascal Buntinx m’a poussé à m’entraîner plus dur que jamais même si je n’étais pas sur le terrain le week-end. Et puis, je continuais à être présent à tous les matchs, j’ai toujours fait partie du groupe."

Vous allez essayer de rendre au club ce qu’il vous a donné maintenant ?

"Tout le monde m’a tellement soutenu que je ne saurai sans doute pas leur rendre autant. Je pense notamment au président et à sa femme qui se sont pliés en quatre pour moi. Mais plus globalement, c’est tout le club qui a été fantastique avec moi."

Quel est votre objectif pour la fin de saison ? Vous avez un nombre de buts précis en tête ?

"Si je peux marquer 25 buts, pourquoi pas ? (rires) Plus sérieusement, l’important c’est d’aider l’équipe à gagner même si, en tant qu’attaquant, je dois marquer. J’ai en tout cas les dents longues. J’avais dis au coach que même sur un terrain recouvert de 20 cm de neige, je voulais bien jouer. J’étais donc déçu de la remise. Peu importe les conditions, ce qui m’intéresse c’est de retrouver la compétition."

Vous avez vécu des mois difficiles. Est-ce que vous avez changé durant cette période ?

"Je suis devenu plus fort, même si je ne souhaite pas cette expérience à un ennemi. J’ai appris que quand tu es bien entouré dans la vie, tu peux te sortir de toutes les situations. Il faut aussi une bonne dose de courage et la foi. Ma vie a en tout cas changé."

Le combat continue…

"Il est encore en cours. J’attends encore que tout soit réglé au niveau administratif pour mes papiers. J’ai tellement hâte de pouvoir repartir voir ma maman en Guinée. Ça marquera vraiment la fin de cette période."