Jeune maman, Calliope Slagmulder, 23 ans, a entamé sa seconde carrière de boxeuse.

Après quatre ans d’absence, une période durant laquelle elle a donné naissance à une petite fille, Calliope Slagmulder a effectué son retour sur le ring, ce 1er novembre à Izegem, une première apparition chez les élites pour celle qui était considérée en amateurs comme une championne en devenir avant de voir ses espoirs olympiques déçus.

Si le combat s’est soldé par une défaite aux points (décision partagée : 40-36, 39-37, 38-38) face à Amy Naert, il aura surtout permis à "Popy" - son surnom - de replonger dans le grand bain de la compétition.

"C’était seulement la première étape de mon retour, contre une fille expérimentée qui a un beau palmarès en amateurs et en pieds-poings, et ce combat, que j’ai disputé en dépit d’une petite déchirure à l’épaule gauche ayant perturbé ma préparation, me laisse un bon sentiment", assure la résidente de Dilbeek, une commune où elle travaille comme aide-soignante dans une maison de repos. "Il y a eu beaucoup d’activité des deux côtés. Physiquement j’étais prête ! Il m’a juste manqué un peu de rythme, quelques réflexes et automatismes, mais je vais vite les retrouver après deux, trois combats. En tout cas, la page est tournée, je vois déjà plus loin."

Si son épaule guérit vite, Calliope Slagmulder devrait effectuer son deuxième combat pro dès le 25 décembre, toujours à Izegem. L’an prochain, si les choses évoluent comme elle le veut, elle pourrait se retrouver en position de prendre la ceinture de championne de Belgique des poids coqs, détenue par la Limbourgeoise Jill Serron. "D’ici là, je veux aussi une revanche en six rounds contre Naert, ajoute-t-elle. Étant un diesel, j’aurai besoin d’un combat un peu plus long. Et ensuite ? J’ai un contrat de trois ans et je suis encore jeune. J’espère monter en puissance au fil des combats."

Tout en trouvant un équilibre entre sa carrière sportive, sa vie de jeune maman - "ma fille va fêter ses deux ans dans quelques jours" - et les impératifs horaires liés à son métier. "Je vais faire du mieux possible et on verra bien jusqu’où je pourrai aller. J’espère en tout cas recevoir de belles opportunités..."

La boxe dans le sang

Bien encadrée à Evere par Thierry Janssens, son agent, et par Patrick Vungbo, l’ancien vice-champion d’Europe des super-welters, Calliope Slagmulder a vite retrouvé le feu sacré. “Vous savez, j’ai commencé la boxe à l’âge de 9 ans, j’ai toujours eu ça dans le sang et depuis quelque temps, j’avais le sentiment qu’il manquait quelque chose dans ma vie, explique l’ex-sociétaire du BC Anderlecht. En mai dernier, j’ai repris contact avec mes anciens entraîneurs, je me suis rendue à la salle juste pour le plaisir et là… j’ai attrapé à nouveau le virus ! Aujourd’hui, je me sens mieux, je suis plus calme, c’est un sport qui m’apporte beaucoup. Je vais faire les choses étape par étape mais je pense pouvoir vite m’adapter au style professionnel. Quand je vois certaines autres filles, même au haut niveau, je me dis : pourquoi pas moi ?”