Le champion d'Europe bruxellois a décidé de passer chez les Néerlandophones pour s'y créer une nouvelle "zone de confort". Il n'a pas digéré le licenciement de son entraîneur, Damiano Martinuzzi, ni les circonstances de la récente cérémonie des Judogi d'Or...

La cérémonie des Judogi d'Or, où il a été devancé par Sami Chouchi pour le trophée Seniors masculin, a été la goutte d'eau qui a vu déborder le vase. Toma Nikiforov a décidé de quitter la Fédé francophone (FFBJ) pour son homologue néerlandophone.

"Comme promis, je suis venu, même si je pressentais que je repartirais déçu. Et ce fut le cas ! J'ai mal au coeur parce que je suis passé inaperçu lors de cette cérémonie des Judogi d'Or, dans cette salle où il y avait deux cents personnes, alors que je suis quand même champion d'Europe. Le premier judoka masculin, francophone, champion d'Europe..."

Toma est amer en ce dernier dimanche d'une année 2018 qui l'a vu tutoyer le sommet avec ce titre européen, en avril, à Tel Aviv, et toucher le fond avec sa blessure au genou, en août, à Budapest.

"Oui, je quitte la Fédé francophone. Il s'agit d'une décision personnelle... Depuis un moment, je ne m'y sentais plus à l'aise. J'avais des soucis internes. Le licenciement de Damiano Martinuzzi, mon entraîneur, m'a beaucoup tracassé, même si j'étais blessé et en revalidation au moment où il s'est produit."

Et il y eut pour Toma comme une "rupture de confiance", le terme utilisé dans le C4 de Martinuzzi.

"Nouvelle année, nouveau genou, nouveau projet et nouvel encadrement. Vous savez, j'ai reçu beaucoup de propositions (NdlR : bulgare, israélienne, entre autres), mais je suis Belge. Je sais, en particulier, ce que je dois à l'Armée, mon employeur. Je ne peux pas la lâcher comme ça, à un an et demi des Jeux de Tokyo, après tout ce qu'elle m'a apporté."

Toma Nikiforov passe donc sous la houlette de la Fédé néerlandophone, où il retrouvera un certain Joachim Bottieau !

"Dans l'état actuel de la situation, j'y serai suivi par Marc Van der Ham et Robert Krawczyk, les deux entraîneurs en place. Je pense qu'ils ont assez de qualités pour m'aider à atteindre mes objectifs."

Pas question donc de Damiano Martinuzzi...

"Ce n'est pas d'actualité. On verra ! Mais je tiens à ajouter que je pars en sachant ce que la FFBJ m'a apporté. J'en suis un vrai produit parce que ses entraîneurs sont venus me chercher alors que j'avais 14 ans. Simplement, nos routes se séparent aujourd'hui."

Toma Nikiforov quitte donc le giron dans lequel il a vécu sa carrière sportive pendant plus de dix ans. Avec tristesse mais, surtout, avec classe, comme le judoka, comme l'homme qu'il est et sera toujours. Bon vent, Toma !

"Vous savez, au Nord comme au Sud du pays, c'est la même Brabançonne..."