Il reste huit spéciales à disputer ce week-end.

Son choix de pneus était donc le bon. Car dans la dernière ES du jour, avec la tombée du jour et l'humidité ressortant du sol, le givre était fort présent en début de spéciale, et Thierry Neuville a pu y grappiller une douzaine de secondes sur le leader Sébastien Ogier. A l'issue de cette deuxième journée de course, l'écart entre le sextuple champion du monde et son principal rival ces dernières années n'est plus que de deux secondes.

« Oui, j'ai bien eu raison d'opter pour quatre pneus clous et je mènerais le rallye avec une belle avance si je n'avais pas perdu 19 secondes suite à une erreur dans la spéciale six, » souriait notre compatriote en fin de journée après avoir signé son deuxième scratch du rallye. « Mais bon, c'est bien pour les spectateurs et pour vous. Cela rend l'épreuve plus excitante. »

Chanceux ce matin avec l'annulation puis l'après-midi avec une sortie de route qui aurait pu très mal tourner s'il n'y avait pas une échappatoire, Thierry croit clairement ce soir qu'il peut revendiquer la victoire dimanche à Monte-Carlo.

« J'aime bien ces conditions difficiles et je me sens à l'aise dans l'auto. Je suis content de mon pilotage. Dommage, cette petite faute... »

Avec les crevaisons d'Ott Tanak et de Kris Meeke et l'abandon d'Esapekka Lappi, la troisième marche du podium est désormais occupée par Andreas Mikkelsen (3e à 1.17) sur la seconde Hyundai revenu de très loin. Auteur de deux « scratches » ce vendredi, Sébastien Loeb pointe au 5ème rang à 8 dixièmes de la première Toyota de Jari-Matti Latvala.



Neuville part à la faute et perd la tête lors de la 7e spéciale, Ogier nouveau leader

Auteur d'un choix de pneus à nouveau différent des principaux ténors en optant cette fois pour quatre pneus cloutés et deux slicks, Thierry Neuville savait qu'il devait gagner un maximum de temps dans l'ES6 (celle annulée ce matin), la plus verglacée.

« Hélas, je suis parti un peu trop vite », confessait notre compatriote. « Avec les clous, je n'ai pas réussi à ralentir suffisamment ma voiture à l'amorce d'un virage à gauche. Il y avait un talus et pour éviter de prendre le risque de me crasher, j'ai préféré tirer tout droit dans l'échappatoire. Le temps d'enclencher la marche arrière et j'avais perdu une quinzaine de secondes. »

Il en abandonnait logiquement autant dans la suivante quasi sèche avec seulement deux pneus slicks. Ce qui permettait à Sébastien Ogier, auteur du meilleur temps ex-aequo avec Jari-Matti Latvala dans l'ES6, de prendre pour la première fois la tête de l'épreuve, 14 secondes devant le Belge.

« On a bien profité du slicks supplémentaire dans l'ES7 où l'on a évité certaines cordes pour ne pas risquer de crever », confessait le pilote Citroën.

L'horizon se dégageait toutefois en tête de la course avec la crevaison d'Ott Tanak (ES7) désormais relégué au 7e rang, le 3e bris de jante de Kris Meeke (ES7) sur l'autre Toyota et les abandons de Esapekka Lappi (roue endommagée après avoir heurté une pierre) et Pontus Tidemand (bras de direction).

Seul pilote à nouveau parti avec quatre slicks, Sébastien Loeb faisait de la survie dans l'ES6 mais signait ensuite le meilleur temps dans l'ES7 pour se hisser sur la 3e marche du podium à 1.15.5 d'Ogier. Le nonuple champion du monde devançait son équipier Andreas Mikkelsen de cinq secondes et la première Yaris désormais de Latvala d'une douzaine.

Du côté des Belges en WRC2, Guillaume de Mevius, ralenti ce matin par une crevaison, est treizième au général, cinquième R5 à 3 dixièmes de la 2e place en WRC2 du Français Fourmaux (avec Renaud Jamoul), tandis qu'après être resté planté 2 minutes suite à une petite sortie, Grégoire Munster est dix-septième au classement général.