Le Finlandais impose son Escort devant la voiture de son équipier Fred Caprasse et Adrian Fernémont

Comme Bryan Bouffier l'an dernier, sur la même Ford Escort engagée par Christophe Jacob, la star internationale de l'épreuve aura attendu son heure et le juge de paix au programme de la 2e journée pour frapper fort et prendre les commandes de l'épreuve. Deux scratches, dont le plus important, sur les 17 spéciales disputées auront suffi au Finlandais pour s'imposer avec 129 points d'avance sur son équipier Fred Caprasse, héros du samedi mais encore un peu trop inexpérimenté sur la terre.

Très discret samedi, Mikko Hirvonen était rentré à Bastogne au troisième rang, avec un retard de près de deux minutes. Mais grâce aux pénalités doublées ce dimanche, mais aussi à une superbe spéciale d'Ardoisières (41,8 km) lui rappelant sans doute le RAC Rally, il n'a fait qu'une bouchée des Escort d'Adrian Fernémont et Fred Caprasse relégués à quasi une minute et une minute trente sur ce seul tronçon après avoir il est vrai été gênés par des « Demo » parties six minutes avant eux.

A ce propos, pour éviter de démotiver le public qui a dû attendre deux heures ce matin (le double de la veille) pour voir passer les Legend mais aussi de fausser la course, il faudrait songer à ne plus faire partir les Classic et les Demos devant. Cela casse le rythme et empêche au public de bien suivre la course principale avec des horaires trop aléatoires.

Derrière un Mikko Hirvonen qui ne fera bien sûr pas tâche au palmarès de l'épreuve, Fred Caprasse peut se targuer de terminer 1er Belge et d'avoir encore amélioré son meilleur score (3e) de l'an dernier. Il n'a franchement pas à rougir de son premier accessit derrière un quadruple vice-champion du monde et a de nouveau démontré un excellent coup de volant pour un « pistard » à la base.

« Il y a effectivement beaucoup de choses positives à retenir. Je reviendrai encore plus fort, » a conclu le régional de l'étape avant de féliciter le vainqueur. Un Mikko Hirvonen ravi et étonné du rythme des Belges samedi : « Honnêtement je ne pouvais pas les suivre sur l'asphalte avec des pneus neige. Ils connaissent mieux les routes que moi et sont sans doute plus habitués à ce manque de grip. Ce dimanche, j'ai retrouvé sur la terre un profil de spéciales me convenant mieux. Mais ce que je retiendrai surtout c'est un superbe accueil et le souvenir d'un excellent week-end parmi des vrais passionnés. »

Leader samedi matin, Ghislain de Mevius (Nissan 240 RS) aurait sans doute pu prétendre à la troisième place sans un déjantage samedi lors du deuxième passage dans les Herdiers d'Ardenne, mais surtout sans une sortie de route dans la Mandarine le reléguant au 8e rang, deux places devant Cédric Cherain piégé dans la même spéciale. « Une erreur de débutant, » regrettait le patron du WIK. « J'ai sousviré et je me suis planté dans la neige où j'ai perdu 5 minutes. » Un début de saison décidément contrarié pour les frères de Mevius ayant du mal à confirmer leur potentiel.

Découvrant l'Historic avec beaucoup de plaisir, Adrian Fernémont récupère dans la 3e marche du podium au volant de son Escort MKII. « Pas mal pour un débutant, » souriait-il. « On reviendra l'an prochain pour faire mieux »

Tout comme Bernard Munster (moteur cassé samedi), Thierry Neuville, premier leader, aurait très certainement pu se mêler aussi à la lutte en tête malgré son gros handicap de coefficient 1,4. Mais après avoir signé 7 meilleurs temps sur 11 samedi, notre vice-champion du monde a préféré ne pas repartir ce dimanche pour ne pas risquer de casser le moteur de sa petite Opel Corsa. « Depuis la 3e spéciale, on souffrait d'un souci de pression d'huile. C'était encore gérable sur des petites spéciales qu'on connaissait, mais on a préféré ne pas prendre le risque de partir dans les forêts comme cela, » expliquait Nicolas Gilsoul.

Le responsable rallye de la FIA Yves Matton arrachait une très belle cinquième place derrière l'Opel Kadett GTE de l'Allemand Berlandy. Le premier des pilotes Porsche devançait la Lancia Beta Monte-Carlo du toujours vaillant Jean-Pierre Van de Wauwer et l'étonnante Peugeot 504 V6 de notre confrère Benoît Galand, excellent sixième au général.

Suite à la sortie de route de Fred Bouvy, piégé sur une plaque de glace dans la Royale, Marc Duez (BMW) termine à la 9ème place et remporte la catégorie Super Legend devant son ex-équipier Jean-Michel Martin (Porsche).

Enfin, repartis après leurs abandons de la veille, Pierre-Louis Loubet (deux scratches) et Marc Timmers ont démontré qu'ils auraient pu jouer la gagne grâce à leurs tractions intégrales si les conditions étaient restées hivernales. Le Français a été le deuxième le plus rapide sur l'ensemble de la journée terre. Il devançait Marc Timmers, meilleur Belge sur sa Sierra 4x4 avant d'arracher une roue sur une souche dans la dernière spéciale. Gino Bux s'est aussi rappelé au bon souvenir de tous sur la terre après un après précoce samedi (transmission), tandis qu'Harold de Hemptinne s'est révélé au grand public en signant un meilleur temps dans la spéciale de Libramont et quelques chronos canons aux commandes d'une Ford Escort, comme un vainqueur de légende, premier nordique à inscrire son nom au palmarès des Boucles depuis un certain Bjorn Waldegard il y a déjà 34 ans.