La nouvelle directive technique de la FIA concernant le débimètre expliquerait selon le Belgo-néerlandais le retrait soudain des bolides rouges.

Max Verstappen s'est encore fait remarquer aux Etats-Unis. Cette fois pas en piste, mais dans ses déclarations d'après-GP. Après s'en être pris à Lewis Hamilton au GP précédant, il a cette fois accusé clairement Ferrari d'avoir triché. Lorsqu'on lui a demandé ce qu'il pensait de la contre-performance globale des Ferrari (Charles Leclerc, 4e, a terminé à 52 secondes) sur ce week-end, le pilote Red Bull, frustré d'avoir été battu plusieurs fois par les Rouges lors des dernières courses, a répondu sans trop réfléchir à la télévision néerlandais Ziggo Sport: "Voilà ce qui arrive quand on ne sait plus tricher. Regardez au départ pourquoi elles n'ont plus pu nous suivre. Vous pouvez l'imaginer vous même... Je ne suis personnellement pas surpris par leur baisse de régime. Après ce qui est sorti, cela explique tout."

Comme son père Jos jadis qui avait déclaré que le volant de la Benetton de son équipier Michael Schumacher avait plus de boutons que le sien (on soupçonnait fort à l'époque l'équipe du tricheur avéré Flavio Briatore d'utiliser le traction control), Max a l'art de mettre les pieds dans le plat. Sans doute volontairement.

Samedi matin à Austin, la FIA, suite à une demande d'éclaircissement de Red Bull (commanditée apparemment par Mercedes...), a sorti une directive technique rappelant qu'il était interdit par le règlement d'utiliser un système permettant de tromper le débitmètre limitant l'arrivée d'essence instantanée à 100 kg par heure. Ce n'est jamais par hasard que la Fédération balance comme cela une directive technique en cours de saison. C'est qu'il y a des soupçons.

Dans la foulée, Ferrari a raté (pour 12 millièmes certes seulement) la pole pour la première fois depuis Budapest et la pause estivale et en course, après l'abandon précoce de Sebastian Vettel loupant complètement son envol, Charles Leclerc n'a plus été que l'ombre de lui, le Monégasque, impuissant, terminant 4e à près d'une minute du vainqueur.

Verstappen Sr a tenté d'aller à la rescousse de son rejeton tout en confirmant ses propos: "Quand j'ai entendu son interview à la télé néerlandaise, je me suis dit: oh non! Ce n'était sans doute pas sa déclaration la plus maline. Mais bon je crois que tout le monde savait dans le paddock que Ferrari exploitait une zone grise du règlement. Cela explique pourquoi ils sont parfois aussi rapides en lignes droites. On ne peut peut-être pas appeler cela de la tricherie, mais d'un point de vue moral ce n'est pas juste non plus. C'est bien que la FIA ait pris position et que tout ait été remis à plat car tout le monde se demandait ce que fabriquait Ferrari."

Des accusations du clan Red Bull Verstappen que Mattia Binotto, le directeur sportif de la Scuderia, n'a pas appréciées du tout. Après le GP de la COTA, l'Italien a eu une explication houleuse avec Christian Horner (Red Bull) dans le paddock menaçant de porter l'affaire en justice si de telles accusations ou insinuations étaient encore proférées à l'encontre de la Scuderia.

Face à la presse, il a expliqué la perte soudaine de vitesse de ses voitures en Amérique. "Nous n'avons raté la pole que pour 12 millièmes, suite à une petite erreur de Seb," a déclaré Binotto. "En course, l'Allemand a vite été victime d'un bris de suspension, tandis que suite au bris de son moteur Spec3 lors de la dernière séance libre, Charles a dû utiliser le Spec2. Nous avions en plus opté pour des réglages aéro donnant plus d'appui en virages et donc ne favorisant pas la vitesse de pointe."

Des explications qui peuvent tenir la route mais qui n'ont visiblement pas convaincu tout le monde. On verra plus clair au Brésil dans une grosse semaine. Si les SF90 ne peuvent à nouveau plus suivre le rythme, on aura tendance à croire la version des Verstappen. Si elles reviennent par contre à nouveau aux avant-postes, on se dira que le Texas était juste une mauvaise course et qu'il n'y avait pas nécessairement de cause à effet entre la directive technique et la chute soudaine de performances de Maranello.