Le Tour de France 2019 partira le 6 juillet de Bruxelles. Pour Eddy Merckx, quintuple vainqueur de la Grande Boucle, l'événement sera une grande fête du vélo, cinquante ans après son premier succès au Tour de France.

Le Tour de France 2019 célébrera le centenaire de la création du maillot jaune qui avait été porté pour la première en 1919 par le coureur français Eugène Christophe. On fêtera aussi le premier des cinq succès d'Eddy Merckx dans la Grande Boucle, en 1969. "Le Tour partira de Bruxelles, cinquante après ma première victoire, j'en suis très fier et j'espère que ce sera une grande fête du vélo en Belgique", a commenté Eddy Merckx jeudi lors de la présentation du parcours, jeudi à Paris. "C'est le plus bel hommage que le Tour puisse me faire, partir de Bruxelles! Il y aura des étapes difficiles et ce sera un Tour pour les grimpeurs avec 3 arrivées à plus de 2.000 mètres. Il n'y aura que deux contre-la-montre, un par équipes, l'autre individuel, ce qui sera un avantage supplémentaire pour les grimpeurs."

Eddy Merckx a confirmé qu'il sera présent à Bruxelles pour les deux premières étapes ainsi que pour la 3e étape qui partira de Binche.

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Froome: "Une bonne chose ces arrivées en altitude"

Le Tour de France 2019, qui partira de Bruxelles, sera "plus dur bien sûr", a estimé jeudi le quadruple vainqueur de l'épreuve, le Britannique Chris Froome, lors de la présentation du parcours à Paris. "L'an prochain c'est la 10e saison de Sky, la dixième année pour moi, et ce sera encore plus particulier de gagner", a ajouté Froome, qui s'est classé troisième du Tour en juillet dernier.

Sur le parcours dévoilé par le directeur du Tour Christian Prudhomme, le Britannique s'est déclaré surpris de la place limitée réservée aux contre-la-montre (un par équipes et un individuel, d'une distance de 27 km à chaque fois). "Ce qui me surprend, c'est qu'il y ait moins de kilomètres de contre-la-montre. Je pensais qu'avec (la présence de) Tom Dumoulin il y en aurait plus", a déclaré Froome par référence au Néerlandais, 2e du Tour 2018 et vainqueur du contre-la-montre d'Espelette au Pays Basque.

"Je ne dirais pas que le tracé est bon ou mauvais", a ajouté le Britannique. "Chaque année, c'est difficile et il n'en ira pas autrement l'an prochain. C'est une bonne chose d'avoir plus d'arrivées au sommet. Plus d'arrivées en altitude, à plus de 2000 mètres, c'est plus dur bien sûr".

Froome a relevé que "les coureurs nés en altitude, comme Nairo Quintana, ont un petit avantage" dans ce type de configuration.

"Les arrivées au sommet, c'est bon pour la course, ça offre plus d'opportunités pour prendre des risques. Quand il n'y en a qu'une ou deux, ça donne une course très négative", a estimé le Britannique en ajoutant toutefois qu'il préfère une course "plus complète, avec davantage de contre-la-montre, ce qui respecte tous les aspects du cyclisme".

Interrogé sur les étapes de moyenne montagne, privilégiées en 2019 par les organisateurs afin de rendre la course plus difficile à contrôler, le quadruple vainqueur (2013, 2015, 2016, 2017) a souri: "Ce ne sera peut-être pas à nous (Sky) de contrôler...".

Froome a aussi déclaré qu'il ne savait pas encore s'il serait le leader de l'équipe Sky, laquelle est susceptible d'aligner plusieurs prétendants potentiels entre lui et le vainqueur du Tour 2018, le Britannique Geraint Thomas, voire le grimpeur colombien Egan Bernal.



"Pas un parcours idéal" pour Tom Dumoulin​

Le Tour de France 2019 ne comprendra que 54 km contre la montre, répartis équitablement entre un chrono individuel et un chrono par équipes, au grand dam de Tom Dumoulin, deuxième en 2018. "Ce n'est pas un parcours idéal pour moi", a commenté le Néerlandais sur le site de son équipe, Sunweb.

"C'est un tracé très compliqué", a expliqué Dumoulin. "Bien sûr, avoir plus de kilomètres contre la montre aurait été préférable. Donc, ce n'est pas un parcours idéal pour moi, mais c'était déjà le cas cette année. Il y a beaucoup de haute montagne avec l'accent mis sur la seconde moitié du Tour durant laquelle les Pyrénées et les Alpes seront décisives."



"La présence de la moyenne montagne va ouvrir la course", pense Tiesj Benoot​

Victime d'une chute dans la 4e étape du Tour de France 2018 et contraint à l'abandon, Tiesj Benoot s'est dit, jeudi à Paris, déjà très motivé pour la prochaine édition. "C'est un bon parcours pour un coureur comme moi", a indiqué le coureur de Lotto Soudal. "Il y aura des occasions dans la première semaine avec, notamment, le passage dans les Vosges et le Massif central. Les cols hors catégorie seront toutefois plus difficiles pour moi. Mais j'apprécie le fait que les organisateurs ont privilégié la moyenne montagne, ce qui va ouvrir la course. En 2018, la première semaine du Tour avait été très nerveuse, les sprinteurs étaient privilégiés et le classement général n'avait pas pu prendre une première tournure. Il y avait beaucoup de stress et c'est à cause de ça que j'ai chuté."

Le Tour de France 2019 partira de Bruxelles, ce qu'apprécie grandement le coureur de l'équipe Lotto Soudal. "Le Tour partira tout près de chez moi et c'est une grande chance. Le public belge sera au rendez-vous et il y aura une très grande ambiance. Je me souviens de l'arrivée à Liège en 2017, c'était très impressionnant. Et je pense que ce sera encore plus fou à Bruxelles. Et, même si ce sera difficile de gagner la première étape, avec le sprint massif annoncé, je ferai honneur à Eddy Merckx en m'illustrant au maximum pendant la journée."


"Le vainqueur du Tour doit toujours pouvoir grimper", estime Christian Prudhomme

Le Tour de France 2019 sera particulièrement montagneux: 30 ascensions de deuxième, première ou hors-catégorie, c'est quatre en plus qu'en 2018. Cinq arrivées au sommet, c'est deux en plus que la dernière édition. Surtout, pour la première fois de l'histoire, la 'Grande Boucle' comprendra trois arrivées à plus de 2.000m d'altitude. "Un Tour pour grimpeur? Oui. Le vainqueur du Tour doit toujours pouvoir bien grimper", a déclaré le directeur de l'épreuve Christian Prudhomme jeudi à Paris.

Le parcours dévoilé jeudi ne comprend pas de pavés, d'étape à bordure ou encore de passage particulier sur des routes non asphaltée et peu de kilomètres contre la montre (27 par équipes et 27 en individuel). "Cette année, nous n'avons pas vraiment cherché des choses spéciales", a confirmé le directeur de course et concepteur du parcours Thierry Gouvenou. "Nous présentons surtout un gros bloc autour des montagnes."

"Attention, il y a moins de cols hors catégorie que les autres années", a précisé Prudhomme. "Mais il y a au total plus de cols à maitriser, c'est surtout la succession de ces cols qui peut faire la différence."

De ces 30 cols, sept se trouvent dans les Vosges, six dans le Massif central, huit dans les Pyrénées et neuf dans les Alpes. Le parcours comporte cinq arrivées au sommet: une dans les Vosges, à La Planche des Belles Filles, deux dans les Pyrénées, au Tourmalet et à Foix, deux dans les Alpes, à Tignes et Val Thorens. Trois d'entre elles (au Tourmalet, à Tignes et à Val Thorens) sont situées à plus de 2.000 mètres d'altitude. "Cela demandera de la force", prévient Prudhomme. "De plus, il n'y a qu'une semaine entre les arrivées au Tourmalet et à Val Thorens. Il y a cinq étapes de montagne en sept jours (huit jours en comptant le jour de repos, ndlr), cela va se sentir."