Lotte Kopecky a dû se contenter d'une onzième place, samedi à l'arrivée du championnat d'Europe de cyclisme féminin sur route en ligne à Alkmaar, aux Pays-Bas. 

"J'en ai vu des vertes et des pas mûres, aujourd'hui", se plaignait-elle après coup. "C'était une course très dure et quand je suis tombée, je pensais bien que c'était fini pour moi. Je suis quand même parvenue à revenir, mais seulement pour me mêler à un sprint pour les accessits..."

Les Néerlandaises ont durci la course dès le coup de pistolet.

"Elles nous ont déclaré la guerre dès le premier tour", commente Kopecky. "C'était dingue. Le peloton a volé en éclats..."

Plus loin la Belge a glissé dans une zone pavée, et s'est retrouvée à terre

"J'ai alors tout de suite pensé à Jolien (D'hoore, victime d'une fracture du coude il y a quelques semaines, ndlr)", avoue Kopecky, également touchée au coude, mais superficiellement. "Le coach Ludwig Willems m'a alors donné un nouveau vélo, et m'a dit de continuer à rouler. Kaat Hannes m'a attendue et on a pu revenir dans le peloton. Mais il y avait un trio d'échappées devant, et je me doutais bien qu'on n'avait pas beaucoup de chances de le revoir. Le vent ne nous aidait pas non plus. A certains moments il devenait même très dangereux..."

Les Néerlandaises ont subitement accéléré dans l'avant-dernier tour, alors qu'Amy Pieters faisait partie de l'échappée.

"Incompréhensible", s'étonne Kopecky, "même si j'avais remarqué leur nervosité, et leur frustration de se trouver derrière. Mais de là à se lancer ainsi à la poursuite de leur propre compatriote, il y avait de quoi s'interroger. Et puis elles se sont subitement arrêtées lorsque l'écart avait fondu à 40 secondes. C'était alors aux autres équipes de mener la chasse. Drôle de tactique..."

Kelly Druyts explique: "J'ai entendu qu'elles pouvaient revenir à une minute. Et ensuite s'arrêter de mener et fermer la porte. Sofie (De Vuyst, ndlr) a bien tenté de forcer le verrou, mais personne ne l'a aidée, et l'affaire était dès lors entendue..."

Il faut cependant croire que la stratégie néerlandaise n'était pas si biscornue, puisque le titre est finalement revenu à Pieters.

"C'est sûr qu'elle ne l'a pas volé et qu'elle le mérite amplement", admet d'ailleurs Kopecky, décue par son résultat.

"J'étais venue ici pour faire beaucoup mieux, mais ce que j'avais en tête ne s'est hélas par réalisé", regrette-t-elle.