Le Français a rétrogradé à la 5e place du général mais assure ne nourrir aucune frustration de cette dernière étape alpestre.

L’image s’était à ce point imprimée dans la rétine que l’œil eut besoin d’un temps pour effectuer sa mise au point samedi au départ d’Albertville. Maillot jaune durant quatorze jours sur ce Tour de France, Julian Alaphilippe avait retrouvé sa tunique bleue de chez Deceuninck-Quick Step pour le dernier volet du triptyque alpestre.

Comme ses guiboles avaient laissé deviner les premiers signes d’un compréhensible fléchissement vendredi sur les pentes de l’Iseran, le numéro un mondial avait répété dans la soirée à Tignes qu’il ne se faisait aucune illusion sur la possibilité de reprendre la tunique de leader.

Samedi, dans la très longue ascension de Val Thorens (33,4km à 5,5 %), le grand animateur de ce Tour a vu le mirage d’un podium des Champs Elysées se brouiller à treize kilomètres du sommet après que les équipiers de Steven Krujswijk eurent imprimé endiablé destiné à le faire plier. Vingt-sixième au sommet, le dernier vainqueur de Milan-Sanremo rétrograde à la cinquième place du classement général mais assure ne retenir que le positif de ce qu’il a toujours appelé son "rêve jaune".

"Je m’attendais à exploser à un moment ou à un autre, expliquait le coureur de chez Deceuninck-Quick Step. Je considère tout de même avoir plutôt bien résisté à la haute montagne. Mon équipier Enric Mas est venu à ma rescousse sans quoi j’aurais abandonné bien plus de temps je pense… Je peux être fier de mon Tour et ce que j’ai fait. Je le boucle totalement exténué, après avoir tout donné. Suis-je frustré de voir le podium s’envoler à un jour de l’arrivée à Paris ? Non, on a vécu une aventure formidable avec toute cette équipe. Et puis tout cela n’est que du sport !"