Stéphane Moris et sa fine gâchette ont fait des ravages ces dernières semaines.

Ces dernières semaines, Stéphane Moris a la main chaude ! Les joueurs d’Alost en ont eu la démonstration lors des deux derniers week-ends : 13 et 17 points avec à chaque fois trois tirs primés. Ses shoots à distance ont non seulement alimenté le marquoir mais ils ont surtout fait la différence lorsque la rencontre était serrée.

"Quand on met deux ou trois tirs à 3 points de suite, ça tue l’autre équipe moralement et ça nous procure beaucoup d’émotion", confie le pivot bruxellois. "C’est ce dont on a besoin à Mons. Ça fait du bien à toute l’équipe. Je sens que mes coéquipiers sont vraiment heureux quand l’équipe s’enflamme."

Inutile de préciser que Stéphane Moris a toujours adoré arroser ses adversaires depuis la ligne des 6,75m. "Mon histoire d’amour avec les 3 points a débuté très tôt. Quand je jouais en jeunes à Ostende, nous devions aller shooter chaque matin durant une heure, les grands d’un côté et les petits de l’autre. Je demandais à chaque fois pour aller tirer avec les ailiers et les meneurs plutôt que de devoir faire des mouvements de pivot."

Encore aujourd’hui, il enchaîne entre 100 et 200 tirs après chaque entraînement. "Il n’y a pas de secret, il faut travailler", souligne-t-il. "Ce qui m’aide, ce sont les challenges. Chaque jour, je m’entraîne avec Frank, l’assistant-coach, qui me lance des petits défis : en marquer cinq d’affilée à chaque poste par exemple. C’est quelque chose qui me met vraiment en condition de match, avec la pression."

Balancer des bombes pour faire mal à l’adversaire, c’est bien. Le faire en étant efficace et sans gaspiller, c’est encore mieux. Stéphane Moris est actuellement le meilleur de la ligue dans cet exercice avec 59,3 % de réussite (16 sur 27). Les saisons précédentes, il n’affichait pourtant pas de si belles statistiques : 37 % avec Willebroek, 42 % avec Liège, 26 % avec Pepinster ou encore 30 % avec Louvain.

Ce qui a changé , c’est la maturité. À 32 ans, Stéphane Moris est désormais plus sage. "Je suis plus calme et je gère mieux mes émotions. Je sais que je ne dois pas enchaîner 3 ou 4 tirs si le premier entre. Cette saison, chaque possession est vraiment importante. Il faut prendre les bonnes décisions. Le coach m’a aussi bien expliqué ce qu’il attendait de moi : où et quand shooter. Avant, ça m’arrivait de prendre 15 tirs extérieurs sur un seul match. Maintenant, je fais vraiment attention à le faire dans de bonnes conditions."

Il peut pour cela compter sur un environnement favorable et des coéquipiers créatifs qui créent des fenêtres de shoot. Il est cependant devenu très difficile de surprendre les défenseurs. "Je n’ai pas souvent des shoots faciles parce que tous les adversaires savent que je sais tirer de loin. La dernière fois que j’ai joué contre Ostende, Dario Gjergja a dit à ses joueurs : ‘Suivez-le jusqu’aux vestiaires parce qu’il est complètement fou, il pourrait shooter des vestiaires et marquer.’ Je sais qu’aucune équipe ne va me laisser tirer facilement et c’est vrai que lorsque je suis tout seul, sans défense, j’ai tendance à trop réfléchir et je rate (rires)."

Les Renards comptent sur lieu pour encore faire sauter le verrou ce vendredi et ce samedi contre les Kangoeroes, l’ancienne équipe de Moris.