Dimanche se déroulera la Hasetsune Cup, l’un des trails les plus populaires du Japon....

Grâce notamment aux nombreuses entreprises qui encouragent sa pratique, la course à pied fait fureur au Japon. Sur les 150 meilleurs chronos réalisés sur marathon en 2017, 18 seulement étaient l’œuvre de coureurs non-Africains. Et parmi ceux-là, douze étaient l’œuvre de coureurs japonais.

On retrouve cet engouement au niveau des épreuves puisque le pays du Soleil levant est, avec neuf rendez-vous, le pays comptant le plus de courses ayant le label IAAF. Logiquement, cet engouement devrait se retrouver en trail. Après tout, 63 % du pays n’est-il pas constitué de massif montagneux ? Eh bien, non ! Le morcellement des territoires en parcelles privées décourage les organisateurs obligés de multiplier les démarches pour obtenir des autorisations de passage.


En l’honneur de Hasegawa Tsuneo

Quelques courses font néanmoins exception à la règle. C’est le cas de la Hasetsune Cup qui se déroulera ce dimanche 7 octobre du côté d’Okutama, à quelques encablures de Tokyo. Son nom est un hommage à Hasegawa Tsuneo ("Hase" pour Hasegawa et "tsune" pour Tsuneo). Ce géant de l’alpinisme nippon est connu pour ses exploits dans les Alpes. Il fut le premier à gravir en solitaire et en hivernale l’Eiger (1978) et la pointe Walker dans les Grandes Jorasses (1979). Aussi quand il décéda en 1991 dans une avalanche sur les pentes du massif du Karakoram au Pakistan en 1991, la fédération japonaise d’alpinisme décida l’année suivante de créer cette nouvelle épreuve. Pour lui rendre hommage. Mais aussi pour éviter d’autres drames en préparant plus efficacement ses adhérents aux difficiles conditions de la haute montagne.

Cette course doit les pousser à élever leur niveau physique en se confrontant sur un parcours de 65 kilomètres comportant pas moins de 5.700 mètres de dénivelé positif !

Toutes ces ascensions faisaient d’autant plus mal aux pattes que les participants étaient tenus d’emporter avec eux tout le matériel nécessaire à une expédition en haute montagne : sac de couchage, tente de bivouac, réchaud, etc.

Afin d’attirer un autre public que celui du milieu alpin, le sac s’est petit à petit allégé. Mais l’esprit d’autonomie est resté. Les coureurs n’ont droit à aucune assistance. Ils n’ont droit qu’à un seul ravitaillement d’un litre et demi sur tout le parcours. À ce stade de la course, ils auront déjà avalé 42 kilomètres et 2.500 mètres d’ascension. Et gare à celui qui serait tenté de s’acheter à boire avant. Il serait tout bonnement exclu. Idem en cas de blessure. Des postes de secours sont prévus tout au long du parcours. Mais s’y arrêter signifie de facto l’élimination.

Ces règles draconiennes ne découragent personne. Avec plus de deux mille participants, la Hasetsune Cup reste l’un des trails les plus populaires du pays.