Menés 10-6, les hommes de Jim Furyk veulent s’inspirer de la victoire européenne à Medinah en 2012.

En 2012, sur le parcours de Medinah, l’équipe européenne avait signé un des plus grands exploits de l’histoire de la Ryder Cup. Menée 10-6 après les deux journées de double, elle était revenue du diable vauvert, le dimanche, lors de la séance de simples pour s’imposer à l’arraché. On avait alors parlé du miracle de Medinah tant le scénario était improbable.

L’équipe américaine se retrouve, cette année, exactement dans la même situation. Dominée 6-10 par l’Europe, elle aura besoin, ce dimanche, d’un petit miracle pour renverser la situation et conserver le mythique trophée remporté en 2016 à Hazeltine.

Qu’on se le dise : ce ne sera pas simple. Après un départ moyen (elle avait perdu les premiers fourballs 3-1), la formation de Thomas Bjorn a vite trouvé ses marques et a nettement dominé les rencontres de double. Avec un matelas de quatre points d’avance, elle peut donc résolument se montrer optimiste pour la suite des événements.

D’autant que cette équipe américaine, présentée comme un épouvantail, s’avère plutôt fragile, à l’image de Tiger Woods. L’ancien n°1 mondial n’a toujours pas apporté le moindre demi-point à ses couleurs. Hier encore, associé à Patrick Reed en fourballs et à Bryson DeChambeau en foursome, il perdu ses deux matches. Et, comme vendredi, il avait le pas lourd et le visage grave. A l’évidence, le Tigre, usé mentalement et physiquement par ses derniers tournois, n’est pas dans son assiette sur le diabolique parcours Albatros du Golf National de Paris. On le sent fatigué, un peu comme si cette Ryder Cup était devenu un poids sur ses épaules.

Et d’autres joueurs américains sont eux aussi étrangement passifs, à l’image de Brooks Koepka, Rickie Fowler ou Phil Mickelson (qui n’a même pas disputé un double hier). En réalité, jusqu’ici, seuls Jordan Spieth et Justin Thomas répondent réellement présents.

Côte européen, en revanche, la mécanique semble bien mieux huilée et la motivation beaucoup plus grande. Francesco Molinari et Tommy Fleetwood ont, bien sûr, donné le tempo gagnant (4 victoires en 4 matches). Mais Sergio Garcia, Justin Rose, Henrik Stenson, Rory McIlroy, Paul Casey, Tyrell Hatton, Ian Poulter ont, eux aussi, apporté de bons points. Exhortés par le public, sur un terrain qu’ils maîtrisent parfaitement, ils sont clairement dans une dynamique gagnante.

Mais attention ; rien n’est joué ! Touchés dans leur orgueil, les hommes de Jim Furyk vont tout faire pour réagir dans les simples, une spécialité qui convient bien mieux à leurs tempéraments individualistes. Il ne faut pas être grand clerc pour deviner que le capitaine US va placer ses joueurs les plus en forme dans les premiers simples afin de faire rapidement douter leurs adversaires. C’est de cette façon que Jose-Maria Olazabal avait pratiqué à Medinah. Ceci dit, il faudra un solide changement d’attitude pour que les Etats-Unis empêchent l’Europe de remporter, ce dimanche, sa quatrième victoire en cinq éditions.