Désormais candidat déclaré au titre de champion du monde des rallyes, l'Estonien Ott Tänak (Toyota), vainqueur des trois manches précédentes, va tenter un quadruplé dans les forêts galloises, écrin du Rallye de Grande-Bretagne, de jeudi à dimanche.

La première partie de saison en WRC a livré le duel attendu entre le quintuple champion du monde français Sébastien Ogier (M-Sport Ford) et son dauphin en 2013, 2016 et 2017, le Belge Thierry Neuville (Hyundai), au bénéfice du second.

La deuxième a élevé Tänak du rang d'outsider à celui de candidat sérieux au sacre à trois épreuves de l'issue. Depuis le retour de la trêve estivale fin juillet, l'Estonien, qui aura 31 ans le 15 octobre, a pris pas moins de 87 points sur 90 possibles !

Il ne compte plus au classement que 13 longueurs de retard sur le leader Neuville et a dépassé Ogier pour 10 unités à l'issue de la manche précédente.

"Tout est désormais possible au Championnat et j'ai un bon pressentiment quant à mes chances en Grande-Bretagne", clame le pilote arrivé chez Toyota en début de saison seulement.

Sa confiance est fondée: avant lui, personne n'était plus parvenu à décrocher trois succès consécutifs depuis Ogier en 2016, à l'heure de la domination sans partage de Volkswagen. Or l'équilibre des forces est bien plus serré en 2018.

Avec deux voitures aux deux premières places de la manche précédente en Turquie mi-septembre, quand la concurrence (à commencer par Neuville et Ogier) subissait abandon sur abandon, l'équipe de Tänak, Toyota, a pris la tête du classement des constructeurs à Hyundai pour 5 points.

"Nous poussons tous au maximum pour ce titre et les chances d'Ott sont désormais très ouvertes chez les pilotes", se réjouit son "team principal" Tommi Mäkinen.

"Plus intense que jamais"

"Après la déception turque, la bataille pour le Championnat est plus intense que jamais", constate pour sa part Neuville, qui reste sur deux podiums en Grande-Bretagne (3e en 2016 et 2e en 2017) et "espère continuer sur cette lancée", même si ni lui ni Hyundai n'ont jamais gagné au pays de Galles.

Sacré à l'issue de cette épreuve l'an dernier, Ogier, qui retrouvera en 2019 le constructeur de ses débuts, Citroën, pour deux saisons, ne dit pas autre chose.

"La lutte pour le titre ne pourrait pas être plus serrée, mais l'équipe peut être assurée que nous donnerons notre maximum pour faire le meilleur résultat possible et faire vivre nos espoirs au Championnat", affirme le quadruple vainqueur de l'épreuve (2013-2016).

Courue autour de Deeside, dans le nord du pays de Galles, essentiellement sur des routes rapides en terre, la 11e manche de la saison comporte 23 épreuves spéciales (ES) et 318,34 km chronométrés.

Réputé pour ses journées à rallonge, sa pluie, sa boue et son brouillard, le Rallye de Grande-Bretagne, disputé plus tôt dans l'automne que les années précédentes, pourrait cette fois offrir un visage plus sec et plus lumineux.

Après une courte spéciale d'ouverture jeudi soir, vendredi fera découvrir aux pilotes une nouvelle ES (5-6) et un itinéraire modifié pour les autres, étoffé de segments sur asphalte.

Avec ses neuf spéciales et ses 150 km chronométrés, sans assistance mécanique à la mi-journée, samedi promet d'être un véritable moment de bravoure.

Cinq ES seront encore au programme dimanche. La Power Stage, qui offre des points bonus aux cinq pilotes les plus rapides, n'est exceptionnellement pas la dernière mais la deuxième spéciale du jour.