Sebastian Vettel doit quand même gagner partout pour être sacré.

Sans doute plus encore qu’à Monza, où la Scuderia a perdu une course qu’elle aurait dû gagner, Sebastian Vettel et Ferrari ont pris un gros coup au moral à l’issue de leur défaite à Singapour. Battus en qualifications comme en Grand Prix par une Mercedes pourtant à la peine les années précédentes sur ce tracé urbain.

Une véritable démonstration signée Lewis Hamilton et un premier accessit perdu suite à une erreur stratégique au profit de la Red Bull d’un Max Verstappen opportuniste.

Résultat des courses, le retard de l’Allemand a grimpé à 40 unités sur son rival britannique. C’est beaucoup, à six Grands Prix de la fin. Mais ce n’est pas insurmontable non plus. "Sebastian a déjà comblé un tel retard lors de son titre en 2012", rappelle Christian Horner. "Ce n’est donc pas impossible."

Sauf qu’en face, aujourd’hui, la combinaison Mercedes-Hamilton, en retrait en début de saison, semble redevenue très forte. "Nous ne sommes pas dans la situation que nous souhaiterions", confesse Vettel. "Mais tout n’est pas perdu. On possède une voiture capable de s’imposer partout. Je vais désormais viser la victoire sur chaque Grand Prix. J’ai encore mon sort entre les mains. Si je gagne les six dernières courses et que Lewis termine à chaque fois deuxième, je serai couronné pour 2 unités."

Tout cela est bien sûr très théorique. Mais, mathématiquement, rien n’est encore joué. Il suffirait d’un abandon de Lewis dimanche et d’une victoire de Vettel pour que l’Allemand revienne à 15 points.

Le championnat serait alors véritablement relancé.

Un fait est pourtant sûr : pour son mental et sa comptabilité, l’Allemand ne peut plus concéder de terrain ce week-end. "On était compétitif ici l’an dernier, où j’ai signé la pole…", se motive le pilote Ferrari battu à Sotchi 2017 d’un souffle par la Mercedes de… Valtteri Bottas.

Cette fois, il ne pourra plus passer à côté. Ferrari doit effectuer le sans-faute et viser son premier doublé de la saison pour continuer à entretenir l’espoir des titres mondiaux pilotes et constructeurs.

En cas de nouveau succès dimanche, Hamilton, lui, sait qu’il pourrait se contenter de suivre son rival jusqu’à Abou Dabi pour rejoindre Juan-Manuel Fangio au palmarès.

Ce qu’il ne ferait pas bien sûr, Hamilton étant un battant, un pilote de tempérament et non pas un épicier calculateur.

Gageons que, si Ferrari ne gagne pas dimanche, les titres mondiaux seront décidés avant Yas Marina. Et vraiment pas besoin de vous écrire en faveur de qui.

"J’ai cherché un psy"

Bakou, Castellet, Hockenheim (la pire, quand il s’est planté tout seul, en slicks sur le mouillé, alors qu’il caracolait en tête) ou encore Monza, Sebastian Vettel a multiplié les fautes cette saison, ce qui lui a déjà coûté une cinquantaine de points. Son ex-ingénieur chez Red Bull, Adrian Newey, a récemment déclaré qu’il gérait mal la pression. N’a-t-il dès lors jamais songé à se faire aider par un psychologue du sport ? "J’ai déjà effectué des recherches, oui. Mais je n’ai pas encore trouvé la personne me convenant. J’ai de la pression, bien sûr, mais c’est souvent moi qui me la mets tout seul. J’ai trouvé quelques trucs pour m’aider à combattre le stress. Mais ce n’est pas facile. Et quand vous n’obtenez pas les résultats que vous espérez, cela augmente la frustration, et donc la pression." Un cercle vicieux duquel il doit essayer de sortir d’urgence.