Le Britannique devient le troisième pilote à remporter au moins cinq titres.

Après ses sacres en 2008, 2014, 2015 et l’an dernier (déjà au Mexique), Lewis Hamilton s’est adjugé une cinquième couronne mondiale, la quatrième avec Mercedes, grâce à sa quatrième place acquise lors du Grand Prix du Mexique.

Il rejoint du même coup au palmarès l’Argentin Juan Manuel Fangio (titré en 1951 et entre 1954 et 1957) et l’Allemand Michael Schumacher (champion en 1994, 1995 et entre 2000 et 2004), qui reste recordman en la matière avec sept titres.

S’il a longtemps paru inatteignable, ce chiffre pourrait être égalé, voire dépassé, par Hamilton dans les années à venir puisque le Britannique de 33 ans a remporté son cinquième sacre exactement au même âge que Schumi.

"Le sentiment est assez bizarre. Ce titre n'a pas été gagné ici, mais grâce à un immense travail tout au long de la saison. Fangio l'avait fait avec Mercedes, c'est donc incroyable. Je veux remercier tous les fans et toute mon équipe, qui réalise un énorme travail sur et en dehors des circuits", s'est réjoui le nouveau quintuple champion au micro de l'ancien pilote David Coulthard, juste après être avoir réalisé quelques donuts au cœur du stadium. "J'ai pris un bon départ mais c'était une course horrible parce que je ne sais pas ce qui s'est passé par la suite avec les pneus. Maintenant, je vais en profiter."

Le pilote Mercedes avait de grandes chances d’être champion à Mexico puisqu’il pouvait se contenter d’une septième place, peu importe le résultat de Sebastian Vettel, son dernier rival mathématiquement.

La tâche s’annonçait d’emblée difficile pour ce dernier, quatrième sur la grille, qui n’a jamais gagné une course en partant plus loin que la troisième place. Auteur d’aucune erreur, ce qui ne lui était plus arrivé depuis longtemps, le pilote Ferrari s’offrait même le luxe de doubler Hamilton. Tel le chant du cygne, il alignait les tours rapides mais ne pouvait revenir sur Max Verstappen, pas inquiété tout au long de la course qu’il a remportée en solitaire comme l’an dernier.

Ce n’était donc pas suffisant pour l’Allemand, et ce malgré les problèmes du Britannique avec ses pneumatiques qui se dégradaient plus rapidement que ceux de ses adversaires.

Si Mercedes pouvait signer le doublé en remportant aussi le classement des constructeurs, les résultats du jour n’ont pas permis aux Flèches d’argent de coiffer une cinquième couronne de suite. Que du contraire puisque Ferrari s’est même rapprochée en signant un meilleur résultat collectif. Le titre constructeurs reste donc le dernier enjeu de cette saison 2018, avec une différence de 55 points (sur 86 encore à distribuer) entre les deux teams.



Le fil de la course

Les deux pilotes qui se disputaient la couronne mondiale s'élançaient de la deuxième ligne, Hamilton troisième et Vettel quatrième, derrière les véloces Red Bull de Daniel Ricciardo et de Max Verstappen. Ce Top 4 promettait un départ spectaculaire puisque le Néerlandais et l’Allemand avaient déjà croisé le fer dans les deux premiers virages la saison dernière, avant que le pilote Ferrari n’harponne la Mercedes du Britannique, contraignant les deux pilotes à réaliser une remontée.

Il en était tout autrement cette saison puisqu'à l'extinction des feux, le poleman Daniel Ricciardo manquait son envol et laissait filer son équipier Max Verstappen et Lewis Hamilton. Sebastian Vettel ne réalisait pas un aussi bon envol que le Néerlandais et son rival britannique et se montrait assez prudent au premier virage. L'Allemand restait quatrième derrière Ricciardo.

Dès le cinquième tour, Fernando Alonso garait sa McLaren sur le bas côté et était le premier pilote à abandonner. La fin de saison, et de carrière, de l'Espagnol tournait au vinaigre et il ne manquait pas de le faire savoir par des signes de mécontentement.

Souffrant d'une plus importante dégradation des pneus que leurs adversaires, les deux Mercedes de Lewis Hamilton et Valtteri Bottas s'arrêtaient au stand au douzième tour. Ils étaient imités une boucle plus tard par Daniel Ricciardo. Verstappen s'arrêtait également, tandis que les Ferrari de Sebastian Vettel et Kimi Raïkkönen poursuivaient sur les mêmes pneumatiques cinq tours supplémentaires. L'Allemand jouait là son va-tout en tentant une stratégie décalée.

Quant à Stoffel Vandoorne, il se retrouvait en bagarre avec les deux Toro Rosso de Brendon Hartley et Pierre Gasly ainsi qu'avec la Racing Point Force India d'Esteban Ocon mais ne pouvait dépasser ses trois adversaires, faute de vitesse de pointe comme il le confiait par radio à ses ingénieurs.

Au tiers de la course, Max Verstappen menait la danse avec près de dix secondes d'avance sur Lewis Hamilton, qui se plaignait régulièrement de l'état de ses pneus. Le Britannique se retrouvant progressivement sous la menace de Daniel Ricciardo et de Sebastian Vettel.

Au 31e tour, le second Espagnol du plateau abandonnait à son tour. Carlos Sainz arrêtait sa Renault dans le stadium pour un problème technique.

Juste avant la mi-course, Vettel s'emparait de la troisième place au détriment de Daniel Ricciardo, gêné dans les manœuvres de dépassements des retardataires et par des pneus moins frais. L'Allemand poursuivait sur sa lancée et se rapprochait de Hamilton, qu'il doublait dans un dépassement incisif dès sa première tentative pour s'emparer de la deuxième place.

Sergio Pérez, le héros local, rangeait sa Racing Point Force India au garage au 40e tour suite à un problème de boîte de vitesses, au grand dam des nombreux Mexicains venus le soutenir. C'est la première fois depuis le retour de la F1 au Mexique en 2015 que Checo ne marque pas de points sur son sol.

Le problème de pneumatiques de Lewis Hamilton ne s'arrangeait pas et ce dernier se faisait doubler par Daniel Ricciardo au 48e tour après avoir commis une erreur au premier virage.

Tous les pilotes de tête, hormis Ricciardo et Raïkkönen, repassaient une deuxième fois par les stands pour changer de nouveau de gommes. Verstappen conservait sa place de leader, devant Ricciardo et Vettel.

L'Australien, qui tenait tête à Vettel, abandonnait une nouvelle fois. En raison d'un nouvel ennui moteur, il devait mettre pied à terre au 62e tour. Il s'agissait là de son huitième abandon de la saison, soit plus que n'importe quel pilote.

Cet abandon inquiétait son équipier Max Verstappen qui craignait de voir filer la cinquième victoire de sa jeune carrière, la deuxième consécutive en terres mexicaines. Il n'en était finalement rien et le pilote oranje s'imposait devant Sebastian Vettel et la deuxième Ferrari de Kimi Raïkkönen. Hamilton terminait quatrième. Bottas, Hülkenberg (Renault) et Leclerc (Sauber) suivaient. Quant à Stoffel Vandoorne, il terminait huitième, marquant des points pour la première fois depuis l'Azerbaïdjan en début de saison.