L'Espagne, battue à domicile par l'Angleterre (3-2) pour la première fois depuis 1987, a connu sa première défaite depuis l'arrivée de Luis Enrique en juillet, tandis que la Suisse a dominé l'Islande (2-1), lundi, lors de la 3e journée de la Ligue des nations.

La Suisse a obtenu une victoire heureuse 1-2 face à l'Islande, lundi soir à Reykjavik lors de sa 3e rencontre dans le groupe 2 de la Ligue A. Seferovic (52e) et Lang (67e) ont marqué pour la "Nati" qui reprend la tête du groupe avec 6 points devant la Belgique à la différence de buts (+6 contre +4). Elle a joué 3 matchs contre 2 pour les Diables Rouges. Les Islandais ont sauvé l'honneur par Finnbogason (84e). Toujours sans le moindre point, ils sont relégués en Ligue B.

Si les Suisses ont d'emblée porté le jeu dans la moitié de terrain adverse et forcé deux coups de coin dans les cinq premières minutes, ce sont les Islandais qui ont été les plus menaçants pour le gardien Mvogo par l'attaquant d'Everton Gylfi Sigurdsson (9e).

La Suisse se révélait supérieure techniquement, mais les Nordiques les plus remuants via Sigurdsson (30e) et Gyudmundsson (31e) qui forçaient Mvogo à s'employer de manière décisive pour préserver ses filets.

A la reprise, le jeu se débrida. La Suisse décida de se montrer davantage et elle en était récompensée dès la 52e par une reprise de la tête de Seferovic (0-1).

L'essentiel était réalisé mais l'Islande n'avait pas dit son dernier mot et Traustason fut bien prêt d'égaliser (56e). Ce fut au contraire Lang (67e) qui rassura les Suisses (0-2). Ils n'en étaient pas pour autant à l'abri. Surtout après la superbe frappe pleine lucarne de Finnbogason qui redonna espoir aux insulaires (1-2). Si Magnusson sauva les siens d'un 3e but (85e), ce furent surtout les Suisses qui furent très heureux de préserver leur victoire par la suite grâce à Schär, décisif sur la ligne de but (88e), et Mvogo encore à la parade (90e). Enfin, Bjarnason manqua le cadre de très peu (90e+2).

On notera encore que le défenseur central islandais Ragnar Sigurdsson manquera le match en Belgique le 15 novembre à Bruxelles et son homologue suisse Fabian Schär celui à Lucerne contre la Belgique le 18 novembre pour abus de cartes jaunes.

La jeune Angleterre solde une vieille dette à l'Espagne

Chirurgicale avec un doublé de Raheem Sterling, l'Angleterre rajeunie de Gareth Southgate a décroché un succès de prestige (3-2) lundi en Espagne, une première depuis 1987, relançant le groupe 4 de la Ligue des nations face à une Roja trop tardive dans son sursaut.

A Séville, les Espagnols se sont décomposés défensivement dans une première période cauchemardesque et scandée par les deux buts de Sterling (16e, 38e) et celui de Marcus Rashford (30e), avec le capitaine Harry Kane double passeur décisif.

Et malgré l'entrée spectaculaire de Paco Alcacer, buteur de la tête sur corner (58e), puis une tête plongeante de Sergio Ramos (90e+8), l'Espagne a chuté dans un match de compétition à domicile pour la première fois depuis 15 ans! Un coup d'arrêt pour Luis Enrique, qui avait jusque-là réussi des débuts impeccables sur le banc, et un coup de fouet pour Southgate, qui alignait le onze titulaire le plus jeune de l'histoire de la sélection anglaise au XXIe siècle.

Au classement du groupe 4, l'Espagne (1re, 6 pts) reste en tête mais elle est désormais menacée par l'Angleterre (2e, 4 pts) alors qu'un nul lui aurait suffi lundi pour assurer virtuellement sa qualification pour la finale à quatre.

Mais la Roja ne pouvait pas espérer se relever indemne d'une première période aussi effroyable, cruel rappel de ses séquences de domination stérile au Mondial-2018.

Et la défense ibérique, très expérimentale lundi avec les novices Jonny (2 sélections) et Marcos Alonso (3 sélections) dans les couloirs, a pris l'eau de manière impressionnante. Selon la presse espagnole, le score de 3-0 à la pause était le pire jamais subi par l'équipe nationale dans toute son histoire lors d'un match de compétition à domicile...

Ambiance brûlante

La charnière Sergio Ramos-Nacho a également peiné, dans la continuité de leur début de saison poussif au Real. Quant au gardien David de Gea, déjà critiqué au Mondial, il a semblé encore trop peu mobile...

Les trois buts de l'Angleterre sont intervenus sur une transition rapide avec à la manoeuvre le capitaine Harry Kane, diabolique de précision même s'il a enchaîné un 7e match consécutif sans marquer avec l'Angleterre.

Cela n'a pas empêché la sélection anglaise d'inscrire trois buts en cinq tirs lundi, contre deux en 23 tentatives pour l'Espagne!

Dans ce contexte, après avoir sifflé le "God Save The Queen", l'hymne anglais, les spectateurs andalous se sont mis à huer leur propre équipe, raccompagnée au vestiaire par une bronca terrible. Et les 3.000 supporters anglais présents de scander des "Olé, Olé" chambreurs à chaque touche de balle des Three Lions...

Pour remettre l'Espagne dans le bon sens, il aurait peut-être fallu lancer d'entrée deux hommes en forme: le buteur Paco Alcacer, incroyable de réussite en ce début de saison, et le meneur de jeu Dani Ceballos, ancien du Betis Séville aujourd'hui au Real Madrid.

Aussitôt, Alcacer a surgi sur corner pour relancer l'Espagne (58e) d'une tête décroisée splendide, son 9e but en 15 sélections!

Et dans une ambiance soudain devenue brûlante, Rodrigo aurait pu obtenir un penalty lorsqu'il a chipé le ballon dans les pieds du gardien Jordan Pickford avant d'être ceinturé sans que l'arbitre ne bronche (63e).

Mais l'Espagne, trop prévisible, a dominé en vain, Marcos Alonso a expédié une tête sur la barre (90e+7) et le capitaine Sergio Ramos, égalisant dans les ultimes secondes (90e+8) n'a même pas pu aller engager pour tenter d'empêcher la première victoire anglaise en Espagne depuis 31 ans...